La vie des chrétiens de Terre Sainte en Palestine

Nous avons reçu à Sainte Bathilde,  lundi 27 janvier dernier, le Père Jamal Khader,  curé de la paroisse de la Sainte Famille à Ramallah et directeur des Ecoles catholiques du Patriarcat latin en  Palestine. Il était accompagné de Suhail Daibes, directeur de l’école de Beth Jala et de Alain Duphil, diacre du diocèse de Toulouse, président de « Une Fleur pour la Palestine ».  Après une messe concélébrée avec notre curé, Dominique Doyhénart, assisté de Alain Duphil, le Père Jamal Khader nous parlé de « La vie des chrétiens de Terre Sainte en Palestine » :

… « C’est une grâce d’être chrétien en Terre Sainte, c’est aussi une  responsabilité. Une grâce parce que nous vivons là où le Christ est né, là où il  a vécu … Une responsabilité, parce que même si la situation est difficile, il faut continuer à vivre en Terre Sainte pour témoigner de notre foi, et  pour que  les pèlerins trouvent une communauté vivante  pour les accueillir. »…

… « Nous vivons un conflit qui a un nom, il s’appelle occupation militaire israélienne, et ce depuis 53 ans. 53 ans, c’est toute ma vie !  Toute ma vie, j’ai vécu sous l’occupation militaire d’une armée étrangère. Les Palestiniens ne contrôlent ni les frontières, ni leur accès à la mer, ni leurs ressources naturelles. Israël a le monopole de l’eau et continue à construire le mur et des colonies… Plus de 700.000 colons aujourd’hui !   On a annexé Jérusalem, on va annexer la vallée du Jourdain, le jardin de la Palestine ! »…

… « Si nous parlons des chrétiens de la Terre Sainte, de l’Eglise en Terre Sainte, la question n’est pas combien sont les chrétiens mais que font les chrétiens ? Quel  genre de présence ?  Que fait l’Eglise là-bas ? Si Dieu nous a créé en Terre Sainte ce n’est pas par hasard, c’est parce qu’il a une vocation, il y a une mission pour nous. La mission, nous la comprenons, c’est d’être au service de tous, au service des plus vulnérables, des plus faibles, et au service de la Paix et de la Justice en Terre Sainte. Même si nous sommes peu nombreux, même s’il n’existe que des petites communautés, nous sommes présents dans l‘éducation »…

… « En Palestine existent 70 écoles chrétiennes dont 13 ont été construites depuis la moitié du 19ème siècle par le Patriarcat latin de Jérusalem. Parmi nos élèves, 41°/° sont chrétiens et 59°/° musulmans… En Israël, les proportions sont de 77/23, et en Jordanie 62/38… Nous avons une responsabilité vis-à-vis de tous ces élèves, celle de créer une génération nouvelle… il ne s’agit pas de dialogue à l’intérieur de l’école, il s’agit d’une vie commune : Cette expérience vécue dans l’école du patriarcat va marquer nos élèves toute leur vie…  l’autre n’est pas l’infidèle, n’est pas l’ennemi… Si frères et sœurs, ils ont vécu ensemble pendant 12 ans à 13 ans à l’école, ils continueront à le faire ! Voilà l’importance de l’éducation. En plus l’éducation est très importante pour donner un espoir, un futur à ces jeunes, non seulement pour eux-mêmes et leur famille mais pour la société. »…

… « Je voudrais en se quittant vous dire ce que deux personnes, l’une était juive, l’autre musulmane m’ont dit séparément : « Nous avons besoin de vous en Terre Sainte, parce que vous avez quelque chose que nous n’avons pas, cela s’appelle le pardon, la réconciliation.  Nous avons besoin de  votre présence pour nous aider à nous réconcilier et à vivre en frères. »…

De l’échange qui a suivi, nous retiendrons les deux phrases suivantes :

… « Israël a les moyens de monopoliser les pèlerinages …  Alors les pèlerins écoutent la version israélienne des choses… Je considère qu’un pèlerinage est valide si l’on rencontre la communauté locale des chrétiens !» …

… « Nous les palestiniens nous avons l’expérience du désespoir… mais nous chrétiens, nous croyons que la vie est beaucoup plus forte que la mort, l’amour plus fort que la haine la justice plus forte que l’injustice…Notre responsabilité d’Eglise est de donner de l’espoir aux gens qui voient que l’Eglise est de leur côté et font tout pour les aider. » …

La collecte effectuée à l’occasion de cette rencontre nous permettra de participer au financement de la scolarité de 9 élèves des Ecoles de la Sainte Famille de Gaza.

Pour l’Antenne Saine Bathilde de « Une Fleur pour la Palestine »

Jean-Pierre Bacqué  –  20 février 2020