Textes et prières


Lectures et prières

Cette rubrique donne accès à des  textes et prières publiés dans le Bulletin de Sainte Bathilde 

 

 « Noël : où est Dieu ?

Mon Dieu,

Cette nuit, c’est ton Fils que je cherche. Mais, Minuit, est-ce une heure pour sortir ?  Pourtant, j’aimerais tellement le voir, pouvoir lui parler…

Comment trouver ce nouveau-né quand le monde est si grand et que la nuit est en moi ?  Je ne vois rien, je ne sens rien …

Et voilà qu’en cette nuit, je découvre que c’est chez moi que tu viens. Je suis ta crèche et ton étable…

Jean Debruyne, journaliste et écrivain

 

Pentecôte :

la « parabole » des canards

canards

Nous chantons le jour de la Pentecôte « Viens, Esprit-Saint, en nos cœurs »… mais encore faudrait-il l’accueillir sans réticence !

Sommes-nous prêts à ne pas imposer des préalables à son action en nous ou dans l’Eglise ? Est-ce que nous ne sommes pas, trop souvent, verrouillés dans nos communautés par la peur du changement ? l’Esprit-Saint n’a pas pour but d’uniformiser les chrétiens dans leur manière de croire, de prier, de vivre comme s’ils sortaient tous du même moule. Il veut, au contraire, mettre en valeur nos différences, pour révéler, à travers elles, la richesse de tous ses dons.

Pourquoi demandons-nous si peu à l’Esprit de venir souffler pour opérer des changements dans son Eglise ? Pourquoi ? Parce que, au fond, nous avons peur des tempêtes. Nous préférons la sécurité à l’Esprit d’aventure.

Je vous ai peut-être déjà raconté la parabole des « canards domestiques et des canards sauvages. Il y avait dans une basse-cour des canards qui menaient une vie bien tranquille, et ils pensaient qu’ils étaient des canards heureux. Or voici qu’un jour, dans le ciel, passe un vol de canards sauvages.

Passant au- dessus du village des canards domestiques, ils leurs crient :  « Venez nous rejoindre, partagez notre aventure. Cet appel réveille un vieil instinct dans la mémoire des canards domestiques. Mais ils étaient déjà trop lourds et avaient perdu l’habitude de voler. Alors ils laissèrent partir leur frère sauvage poursuivre leur aventure vers des horizons nouveaux.

Interrogeons-nous : « sommes-nous des canards sauvages ou des canards domestiques ? Laissons-nous l’Esprit-Saint nous entraîner toujours plus avant dans l’aventure de la Sainteté ? Laissons-nous l’Esprit-Saint évangéliser nos cœurs ? A chacun de répondre ?

Pentecôte 2006 -Saint-Louis d’Antin

 

anselm_gruen_kl« Savourer la résurrection :

Compte-rendu d’une retraite avec Anselm Grün

Nous avons vécu avec le Père Anselm Grün dans son abbaye de Würzburg une mini retraite sur le thème “Savourer la résurrection”.

Anselm Grün un bénédictin de 62 ans est l’auteur de très nombreux ouvrages de spiritualité dont au moins une dizaine ont été traduits en français. Pour mieux nous faire percevoir les vérités humaines révélées par les Evangiles il se sert de sa grande connaissance de la psychologie des profondeurs découverte par C.G. Jung. Nous étions une quarantaine de chrétiens (catholiques, réformés, évangélistes) autour de lui dans une grande salle, chacun sur son tapis posé le long des murs, assis sur des tabourets ou sur des coussins de méditation ou assis à genoux sur des petits bancs de prière. Anselm Grün lui-même vêtu de l’habit noir traditionnel des moines bénédictins était assis-à genoux sur un petit-banc de prière. Chaque séance était organisée sur 5 temps: la lecture d’un des évangiles de la résurrection et son commentaire par Anselm Grün, un partage en petits groupes, écoute et réponse aux questions par Anselm Grün, une danse ou un rituel, un temps de méditation en silence.

Nous avons été touchés plus spécialement par les moments suivants: Jésus a été mis au tombeau. Nous avons été invités à choisir une pierre qui représente nos plus grandes blessures ou les défauts qui nous gênent et à l’enterrer symboliquement en disant à tout le groupe ce que nous enterrions. Jésus dans l’eucharistie nous donne le pain, son corps rompu symbole de notre propre corps rompu fragile, cassé. Avec le vin, son sang, il nous donne la joie de la résurrection. Lorsque nous communions par intinction en trempant le pain dans le vin nous contemplons en même temps la mort et la résurrection de Jésus, et aussi notre propre mort ainsi que l‘espérance de notre résurrection. Nous avons pris conscience que l’eucharistie symbolise aussi notre transformation. Ce n’est pas seulement le pain et le vin qui sont transformés c’est aussi chacun de nous qui “faisons mémoire” et qui ensuite communions qui sommes transformés. Rien n’est figé, nous sommes toujours en mouvement jusqu’au moment de notre mort. Nous l’avons particulièrement ressenti lors de l’eucharistie célébrée par Anselm Grün dans l’intimité de notre groupe. Anselm Grün nous a invités à dire chaque matin: “Je suis moi-même” pour prendre conscience de l’unité de notre personne, unité que nous construisons chaque jour, et de l’amour qui est en nous et que nous avons à faire grandir pour le service de nos frères et pouvoir peut-être dire un jour avec saint Paul: “ Ce n’est plus moi qui vis c’est Jésus qui vit en moi.”

Doris et François Roumégoux

 

Abbe_pierre2Une prière de l’abbé Pierre :« Pélerins d’Emmaüs »

Seigneur Jésus, souviens-toi de cette petite maison, là-bas à Emmaüs,

et du bout de chemin qui y conduit quand on vient de la grand route

Souviens-toi de ceux qu’un soir, tu abordas là-bas, souviens-toi de leurs cœurs abattus, souviens-toi de leurs paroles qui les brûlèrent,

souviens-toi du feu dans l’âtre auprès duquel vous vous êtes assis, et d’où ils se relevèrent transformés,

et d’où ils partirent vers des prouesses d’amour…

Regarde-nous ! Vois, nous sommes tous pèlerins d’Emmaüs,

nous sommes des hommes qui peinent dans l’obscurité du soir,las de doutes après des journées méchantes.

Nous sommes tous des cœurs lâches, nous aussi.

Viens sur notre chemin, brûle-nous le cœur à nous aussi. Entre avec nous t’asseoir à notre feu.

Et qu’exultant de la joie triomphale, à notre tour, nous nous relevionss pour bondir révéler

la joie à tout homme au monde en l’Amour à jamais jusqu’à notre dernier souffle.

 

 

Fête de Sainte Bathilde :
« 
Fêtons l’Europe !Redécouvrons nos racines chrétiennes dans la culture européenne

EUROPE ET CHRISTIANISME : d’où nous venons ?

 » La mémoire européenne et l’héritage chrétien »

Extraits d’une conférence de Claude Geffré, dominicain

Claude Geffré, dominicain, a prononcé la conférence finale de l’Université d’été de la COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté européenne) à Budapest, sur le thème : « La complexité de la mémoire européenne et la fécondité de l’héritage chrétien pour l’avenir de l’Europe ». En voici quelques extraits.

L’Europe se recherche toujours et son identité ne peut être seulement économique ou juridique, mais proprement politique, à plus forte raison à l’approche de l’élargissement d’une Union imaginée par ses pères comme un exemple de paix et de réconciliation. Cela ne pourra se faire sans référence à un héritage chrétien qui, même pour des non-chrétiens ou des non croyants, est un élément majeur de compréhension de l’originalité de la culture européenne. Il faut donc se pencher sur la mémoire de l’Europe, qui est complexe et où les racines chrétiennes tiennent leur place spécifique parmi les autres voies. Cette mémoire est également blessée par une succession de déchirures, qui confèrent à l’Europe une expérience profitable pour le reste du monde. Enfin les chrétiens sont aujourd’hui face à des défis qu’ils pourront relever dans la fidélité à l’Evangile.

 

 

Unité des chrétiens

 » Où en est l’œcuménisme aujourd’hui ?»

Les paroissiens de Sainte-Bathilde sont maintenant habitués à recevoir, chaque mois de janvier, l’invitation à se rendre un jeudi soir dans une église de notre banlieue, pour une cérémonie commune de prière avec tous leurs frères et sœurs chrétiens, à quelque confession qu’ils se rattachent : catholique, orthodoxe, copte, ou toutes les variantes du protestantisme.

Cette année 2007, c’est à l’église catholique Saint-Gilles de Bourg-la-Reine que nous nous retrouverons le jeudi 25 janvier à 20 h. 30 pour cette veillée de prière fraternelle, après qu’un dîner aura réuni à la paroisse luthérienne les divers ministres du culte.

Notre veillée du jeudi n’est que le temps fort d’une semaine qui, chaque année du 18 au 25 janvier (jour où se fête la conversion de saint Paul), voit les chrétiens dire à Dieu leur bonne volonté sur le chemin de l’unité à refaire, et lui demander de réaliser cette unité « telle qu’Il la veut, et par les moyens qu’Il veut ». Par cette formule, chaque confession remet au jugement du Seigneur l’idée qu’elle se fait de ce que doit être cette unité.

On dit souvent que l’œcuménisme piétine, ou même régresse, quelque quatre-vingt ans après le début de son essor. Le jugement doit être nuancé.

Certes, après des décennies de progrès dans la compréhension mutuelle et dans l’abandon des vieilles animosités, on a l’impression de s’être arrêté sur un palier : on se tolère, mieux, on se rencontre fraternellement, mais les grandes dénominations, catholicisme, orthodoxie, protestantisme, demeurent pleinement séparées en tant qu’institutions, et l’absence habituelle de participation commune à l’eucharistie en est le signe douloureux. On paraît s’être installé dans la persistance de la division, en se contentant de bannir toute acrimonie, de cultiver de bonnes relations personnelles, d’intervenir parfois ensemble devant l’opinion ou vis-à-vis de l’Etat en faveur des plus faibles.

La pleine communion entre nos Eglises n’est pas pour demain. Mais elle se prépare plus qu’on ne pense, et pas seulement par la chaleur des relations fraternelles. Sur des questions essentielles, comme la manière de comprendre le salut ou de concevoir l’unité à reconstruire, il y a eu récemment des avancées significatives. Là-dessus, le document sur la justification signé conjointement il y a peu d’années par notre Eglise catholique et par les Eglises luthériennes (rejointes ensuite par nombre de communautés protestantes) a été de première importance. Il met fin à un contentieux théologique sur lequel catholiques et protestants s’affrontaient depuis le 16ème siècle, et d’autre part, en proposant sur la question en débat un « consensus différencié », il proclame que ce qui est à rechercher n’est pas l’uniformité, mais un accord sur l’essentiel qui laissera la place à des accents différents portés par chaque communauté, selon son histoire et sa vocation propre, sur tel ou tel aspect de la doctrine commune : de telles différences ne sont plus à considérer comme séparatrices. Mentionnons aussi les convergences sur la manière de présenter l’eucharistie, ou l’effort de réflexion constructive sur les divergences qui subsistent à propos des ministères (prêtrise, pastorat).

En même temps, ici et là, des difficultés ponctuelles apparaissent. L’activisme de certaines Eglises occidentales en Russie est ressenti par l’orthodoxie comme une agression. Le choix d’un homosexuel comme évêque aux Etats-Unis divise la Communion anglicane, et perturbe ses relations œcuméniques. La décision de l’Eglise réformée de France d’admettre dans certains cas à la Cène des jeunes non encore baptisés pose problème. Notre Eglise n’est pas exempte de résurgences de conceptions purement monarchiques de l’autorité qui hérissent nos partenaires. L’ordination de femmes à l’épiscopat chez les anglicans et les luthériens a créé un obstacle supplémentaire sur le chemin de notre réunification, on ne sait s’il faut en rendre responsables les Eglises qui ont pris cette initiative, ou celles qui au 21ème siècle ne peuvent tolérer cette évolution.

Prier pour l’unité, ce sera aussi faire confiance à l’action patiente de l’Esprit Saint. Bien des difficultés d’aujourd’hui apparaîtront dérisoires dans cent ans.

Michel Poirier

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Le temps des cadeaux

En ce temps de Noël, nous pouvons nous interroger sur la place, l’importance, le rôle de l’action de grâces, de nos gestes de gratitude dans le déroulement de nos vies.

Interrogeons-nous : remercier, est-ce pour nous une habitude acquise dans notre enfance ? Est-ce un devoir ? Un geste de savoir-vivre ? Ou bien est-ce que j’ai le sentiment d’avoir reçu un cadeau ?

Un cadeau, c’est d’abord un emballage, plus ou moins soigné, mais qui réserve une surprise à celui qui l’ouvre. Cette surprise n’est pas nécessairement un objet précieux ou extraordinaire. Je pense à un dessin offert par un enfant le jour de sa fête. Alors, qu’est ce qui fait la valeur d’un cadeau ? C’est la relation qu’il va créer ou enrichir un peu plus, entre celui qui offre et celui qui reçoit.

C’est pourquoi l’échange de cadeaux demeurera toujours une tradition familiale ou sociale extrêmement précieuse pour tisser entre les hommes un réseau de solidarité, de fraternité. Un objet privé de cette relation d’amitié ou d’affection n’est plus un cadeau.  Le dessin de l’enfant que je vois exposé dans la cuisine de sa mère n’est pour moi qu’un objet. Pour sa mère, c’est un cadeau parce qu’il a touché secrètement son cœur.

Offrir un cadeau provoque la manifestation de deux sentiments : celui de la gratuité et en retour, celui de la gratitude.

Dans quelle mesure est-ce que je considère que ce que j’ai reçu n’est pas un don mais un du ? Alors, dans ce cas, je ne manifeste aucun geste de gratitude.

Dans quelle mesure est ce que je reste indifférent à la personne qui m’offre un cadeau ? Et cela parce que je m’enferme dans la jouissance que cet objet m’apporte. Je garde ce cadeau sans esprit de partage et, du coup, il perd sa nature de cadeau.

Est-ce que nous ne ressemblons pas trop souvent à l’un de ces neuf lépreux de l’Evangile qui, après leur guérison ne surent pas avoir le geste de gratitude du dixième : nous recevons le cadeau tout en ignorant ou refusant le message invisible d’amitié dont il est porteur.

Rendre grâces à Dieu, c’est lui manifester notre gratitude pour ce cadeau qu’Il nous a fait gratuitement : celui de son Fils Jésus, car « Dieu nous a aimés le premier… »

Rendre grâce à Jésus dans une célébration « eucharistique », c’est lui dire notre gratitude pour le don de sa vie fait librement par amour pour nous.

Si nous venons à la messe par habitude, par devoir, le don de sa vie devient pour nous je ne sais trop quoi mais il n’est pas reçu comme un cadeau. Et, de mon cœur, ne jaillira sans doute aucun sentiment de gratitude.

Ce n’est pas pour autant croire que Jésus attend notre gratitude. C’est croire qu’Il veut établir avec nous des liens nouveaux : « Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis ».

Les gens, proches ou inconnus que Dieu met sur notre chemin, peuvent devenir une collection de « bibelots » ou devenir des cadeaux, c’est à dire des amis !

Les membres de ma famille, de mon voisinage que je rencontre régulièrement peuvent être des objets » plus ou moins intéressants, ou des cadeaux mis par Dieu ou ses anges sur ma route pour me porter ou m’enrichir !

Et moi-même, je suis peut-être un cadeau pour les autres… malgré la pauvreté de mon « emballage » ! Tant mieux si cela peut m’éviter de croire que leur gratitude est de leur part non pas un « du » mais un « don ».

Tout cadeau devient une Eucharistie, une action de grâce, si elle est un élan de gratitude en regard d’un geste d’amour.

Frère Gilbert DUVAL-ARNOULD, dominicain

 

Pourquoi avez-vous peur ?

La foi est un risque.

Rire c’est risquer paraître fou.

Pleurer c’est risquer paraître sentimental.

Se tourner vers l’autre, c’est risquer de créer des liens qui engagent.

Montrer ses sentiments c’est risquer de se dévoiler.

Exposer ses idées, ses rêves,c’est risquer de les perdre,

Essayer c’est risquer l’échec,

Espérer, c’est risquer la déception,

Aimer, c’est risquer de ne pas être aimer en retour, Vivre, c’est risquer de mourir.

Mais il faut prendre des risques, car la pire chose dans la vie est de ne rien risquer. Celui qui ne risque rien n’a rien, n’est rien.

On peut éviter des souffrances mais on ne peut apprendre, sentir, changer, grandir, vivre, aimer sans prendre de risques car enchaîné par ses habitudes, on est esclave et on trahit la liberté.

Seule la personne qui prend des risuqes est libre.

Croire c’est oser la foi.

La foi c’est le plus beau de tous les risques.

 

Frère Gilbert Duval-Arnould, dominicain

 

 

 Oraison d’un laïc pour les curés

Tout d’abord, Seigneur, nous vous remercions pour que ces hommes aient accepté de devenir nos curés. Si, par hasard, ils avaient préféré des pantoufles, une femme et un foyer, nous en serions bien ennuyés. Et si c’était comme celà partout ? Merci mon Dieu de leur avoir donné le courage du sacrifice. Grâce à eux nous pouvons nous nourrir du Pain de Vie, former des foyers solides, rapproprier notre âme et mourir en paix.

Merci Seigneur, pour les défauts de nos curés. Des gens parfaits supportent mal la faiblesse. Des gens toujours en bonne santé méprisent les petites natures. Seigneur, vous avez mieux vu que nous.

Et maintenant, Seigneur, nous vous prions pour le ministère de nos curés. Faites que s’ils réussissent, ils ne triomphent pas et s’ils échouent, ils ne se découragent pas. Votre règne n’est ni dans le succès, ni dans l’échec, il est dans l’Amour. Gardez nos curés dans votre Amour.

Nos curés sont des surhommes; ils doivent être pédagogues pour les enfants, des spécialistes pour les questions des foyers pour les jeunes ménages, des spécialistes psychologues pour la jeunesse, traiter du problème de l’Eglise en professeur, ouvrir l’Evangile en exégète.Avec les protestants ou les non catholiques, ils doivent être théologiens à la fois fermes et avisés. J’oubliais qu’ils doivent répondre dans la rue à tous les saluts, sans avoir cependant des yeux à facettes comme tout insecte qui se respecte… J’oubliais que s’ils nous reçoivent, ils doivent être souriants même s’ils sont à moitié morts de fatigue. J’oubliais qu’ils doivent être chaque Dimanche orateurs, chanteurs, musiciens, acteurs et pas mal d’autres choses…

Seigneur, fais que ces « spécialistes universels », nous les jugions avec l’indulgence que requiert ce programme incohérent et inhumain. Seigneur, je vous demander aussi la charité envers nos prêtres en pensée et surtout en paroles. Donnez-moi Seigneur, de lui pardonner ses impatiences ou ses erreurs. Que je comprenne bien que je n’ai qu’un curé à supporter et que lui a tous ses paroissiens sur le dos. Donnez-moi enfin Seigneur, de lui fournir de temps en temps par ma délicatesse, la consolation de sentir qu’il n’est pas entouré que d’indifférences ou d’hostilité.Enfin, Seigneur, donnez-moi la persévérance dans ma prière pour mes prêtres. Ce sera sans doute le meilleur de tout.

Transmis par  le P.François Goupy

 

Dieu rend l’homme libre comme lui

L’une des marques de l’identité chrétienne est le liberté. Non pas bien sûr faire ce que l’on veut, mais cette liberté intérieure que l’on rencontre parfois chez tel ou tel, et qui témoigne d’un juste rapport aux autres et aux chose, une justesse de parole et d’attitude. Cette liberté-là est la marque de Dieu. Dieu est complètement libre, d’une liberté déployée, responsable, puissance d’expression et de relation, créatrice et aimante. Créés à son image, c’est à cette même liberté que nous aspirons. Être chrétien, ce n’est pas revêtir une armure face au monde, c’est construire une charpente intérieure qui fait tenir debout. Être chrétien, c’est désirer entrer dans ce mouvement de libération et d’humanisation. La vérité de nous-mêmes, celle-là précisément qui « rendra libres » (Jean 8, 32), c’est reconnaître que l’on est sujet d’un amour qui nous dépasse et dont nous sommes appelés à vivre, et qu’en choisissant le Christ, nous allons vers la vie quel que soit ce que l’existence nous réservera. Cette liberté intérieure n’est pas en place une fois pour toutes, elle est sans cesse à demander, à découvrir, à choisir, à recevoir. Sur ce chemin de libération, le Christ a montré que seul choisir d’aimer et de servir introduit à cette liberté profonde. Un choix pas toujours facile, qui n’a rien de mièvre et doucereux. C’est pourtant par là que le Christ nous invite à passer : « Aimez-vous les uns les autres, c’est à cela qu’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples »(Jean 13, 35).
François Boëdec
(Croire aujourd’hui, du 15 au 31.01.2006)

 

 

Lettre Encyclique
Benoît XVI

> Le texte de l’Encyclique

 

 Hommage à Jean-Paul II

A  Dieu  Jean-Paul I

                                                                
Loin du tapage médiatique, dans le silence d’une chambre d’hôpital, j’ai appris le dimanche matin le décès de Jean-Paul II. Après sa semaine d’agonie vécue dans l’octave de Pâques, la nouvelle ne m’a pas surpris. Bien sûr, le départ d’un être cher alimente un sentiment naturel de tristesse. Mais rapidement, réflexions et prières se sont imposées à mon esprit.

Depuis quelques années il supportait vaillamment les handicaps et infirmités de la maladie ; et ces dernières semaines il a été une icône du Serviteur souffrant. Loué sois-tu, Seigneur, d’avoir mis un terme à sa charge et à ses souffrances. Je veux voir dans le moment choisi pour cette mort, à savoir la vigile de la fête de la Divine Miséricorde, une marque d’affection du Père ; en effet, cette fête avait été instituée par notre Pape Jean-Paul II pour manifester que notre Dieu est aussi « Le Miséricordieux ».

Mon imagination m’a montré Jean-Paul II accueilli aux portes du Royaume par le Fils entouré de sa Mère, Marie, sous la protection de laquelle il avait placé son pontificat, de Jean, l’évangéliste qui écrit pour nous faire connaître que Dieu n’est qu’Amour et de Paul, l’Apôtre, qui a parcouru le monde méditerranéen pour faire connaître le Christ. Comment s’en étonner puisque Jean-Paul II a été un globe-trotter témoignant, jusqu’aux extrémités de la terre, de l’amour de Jésus-Christ pour tout homme.

Ensuite venait la longue cohorte des saints et des bienheureux dont les mérites avaient été reconnus par l’Eglise au cours de son pontificat. Loué sois-tu Seigneur pour tous ces témoins qui nous ont précédés.

Sur cette terre, Jean-Paul II fut le défenseur infatigable de la justice et de la paix ; à temps et à contre temps, il a plaidé et prié pour la paix. De même que sainte Thérèse veut passer son ciel à faire du bien sur la terre, de même j’imagine que désormais Jean-Paul II sera notre avocat et s’associera à nos efforts pour promouvoir la justice et la paix.

A Dieu Saint Père et loué soit le Seigneur !

Maurice Seigner

 

Semaine de l’unité des chrétiens (2005)

Christ, seul fondement de notre Eglise                                                                        
Tel est le thème retenu pour  la semaine de l’unité de ce mois de janvier. il est tiré de I Corinthiens 3 1-23. Les querelles de chapelles qui divisent les Corinthiens ressemblent à s’y méprendre aux clivages professionnels et dénominationnels qui séparent les églises chrétiennes aujourd’hui. Les uns se réclament de la tradition « indivise » de l’Eglise, les autres de la succession de Pierre et de son héritier de Rome, les autres encore de la seule fidélité à l’Evangile conformément à la Réforme protestante du 16ème siècle. Si vous ajoutez à cela les nouveaux courants, tels les ultra-évangéliques américains ou certains mouvements catholiques fortement traditionalistes, il est légitime de se demander ce qui fait l’unité des chrétiens.

Pour Paul, les ministres et les ministères peuvent être différents; ils peuvent même justifier un pluralisme de sensibilités. Mais ils ne doivent en aucun cas se substituer à la Parole qu’ils sont sensés servir. Ils ne doivent en aucun cas se mettre à la place du Christ. « Vous êtes… la maison de Dieu. Chacun doit faire attention à la façon de construire dessus. Le fondement est déjà là : c’est Jésus Christ. Personne ne peut en placer un autre. »

L’intérêt de ce texte est qu’il permet de distinguer la diversité légitime qui fait le dynamisme de l’Eglise depuis sa naissance et des divisions séparatrices qui traduisent les prétentions exclusivistes à la vérité, la volonté hégémonique, la non reconnaissance et le rejet de l’autre Eglise. Quelle  tradition d’Eglise n’a pas succombé à ce péché ? On se consolera : »nous portons ce trésor dans des vases de terre » (2 Corinthiens 4 7)  L’humilité des Eglises chrétiennes est la condition de leur crédibilité devant le monde et dans le cadre du dialogue interconfessionnel; c’est également la pierre de touche pour quiconque veut savoir à qui elles appartiennent et, surtout, si elles s’appartiennent à elles mêmes ou à l’unique et seul fondement qu’est le Seigneur Jésus »

Philippe B. Kabongo Mbaya, pasteur de la paroisse réformée de Robinson

Prière pour l’unité des chrétiens

 

Quand l’un déclare : « moi j’appartiens à Paul », l’autre, « moi à Appollos », n’agissez-vous pas de manière toute humaine ?  Seigneur Jésus, aide notre intelligence et notre cœur ne pas voir d’abord dans ton Eglise une et sainte les différentes parties encore divisées, les différences de sensibilités et de points de vue qui trop souvent s’opposent au lieu de se compléter !
Dieu seul compte, lui qui fait croître.  Seigneur Jésus, donne à chacun de nous une réelle et totale confiance en toi, comme un arbre planté près d’un cours d’eau n’a d’autre désir que de croître et produire son fruit en sa saison !

Nous travaillons ensemble à l’oeuvre de Dieu.  Seigneur Jésus, libère nous de notre égoïsme, de notre petit orgueil humain, toujours là, tapi dans l’ombre, qui nous fait croire que c’est seulement ce que nous faisons, nous et pas les autres, qui t’est utile !

Ne savez vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?  Seigneur Jésus, rends nous toujours plus conscients et dignes de ce fait incroyable que ton Esprit n’a pas fait que souffler  et passer à travers nous  mais habite, demeure en notre corps, notre coeur et notre esprit.

Tout est à vous mais vous êtes à Christ et Christ est à Dieu.  Seigneur Jésus, apprends nous à mieux voir le caractère relatif des choses de cette terre et à réaliser par toute notre vie, celle de tous les jours, que nous t’appartenons en vérité et en plénitude !


P. David Roure,, délégué diocésain à l’oecuménisme

(Prière composée à partir de I Cor. 3, texte proposé à la méditation de toutes les églises lors de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens)